
Ceux qui viennent chez moi sont dispensés de lire, pour leur éviter l'ennui dans des situations parfois inconfortables, ces articles sont affichés dans mes toilettes
Quelques éléments, tous vrais
(hélas ?), généralement tirés de la presse
A vous de jugez, n'hésitez pas à
me faire parvenir les vôtres (avec leur source).
Lire : Lady, Bourse, Malraux, racisme....
LE MONDE, jeudi 20 mars
1997
rubrique EN VUE page 33
Lady Michelle, l'épouse du vicomte Peter
Curzon, l'un des hommes les plus riches de Grande-Bretagne, descendant
de Guillaume le Conquérant, vient de fuir l'oisiveté et la
fortune, ses villas, ses châteaux, ses bijoux, pour un modeste appartement
d'Eastbourne dans le Sussex, où elle a repris son ancien métier,
le plus vieux du monde. Michelle Curzon, dont les tarifs sont très
raisonnables, provoque l'étonnement de la high society ,
qui la croyait "bien née " et dînait à ses
frais. Quand aux vraies ladies de Londres, elles sont au comble
de l'indignation. Michelle a franchement dit qu'elle ne recevrait pas de
clients issus de l'aristocratie britannique. "Ils sont trop ennuyeux, je
préfère les marins du port", a-t-elle fait savoir.
Je ne me suis pas permis de corriger la ponctuation.....
Lire : Lady,
Bourse, Malraux, racisme....
Le FIGARO, en 1990
fig-eco, der
En 1923,
Schwab était le patron de la plus grande
entreprise sidérurgique américaine.
Howard Hopson était son homologue dans
le domaine de l'industrie du gaz.
Richard Witney régnait sur le New-york
stock exhange.
C. Rivermora était le célèbre
"grand ours" de wall street.
Enfin Gene Sarasen avait gagné le tournoi
de golf de l'US open.
Aujourd'hui (en
1990), voici le bilan.
Schwab est mort pauvre.
Hopson est fou.
Witney n'a pu sortir de prison que pour mourir
chez lui.
Rivermora s'est suicidé.
Quand à Sarasen, il va bien merci et il
est solvable.
conclusion : ne touchez pas à la bourse,
jouez au golf.
Lire : Lady,
Bourse, Malraux, racisme....
Malraux
ne fume plus
Qui disait qu'il n'y avait plus de jeunes filles,
et plus de moralité ? Voici la preuve du contraire : pour célébrer
André Malraux, LA POSTE émet à son effigie un timbre
qui reproduit sa photographie censurée. Un célèbre
portrait de Gisèle Freund représentait l'écrivain
fumant une cigarette. Exemple intolérable pour notre belle jeunesse
: on a supprimé la cigarette. L'auteur de La condition humaine
fait son entrée dans le cercle des gens convenables : Malraux ne
fume plus.
On salue ce bel acte de courage et de civisme,
qui honore notre société. Sous ses dehors anodins, et dans
son ridicule, il peint les temps qui s'annoncent, qui seront enfin débarrassés
des vains scrupules de l'intelligence. Que la cigarette de Malraux, paradis
artificiel de poche et comme témoin de son dialogue ténébreux
avec lui même, fit en quelques sortes partie de sa figure, bagatelle.
Que Gisèle Freund, grande photographe
du siècle, soit ainsi victime d'une atteinte à la liberté
artistique, vétille.
Que ce bricolage égratigne un peu de liberté,
faribole.
Les pouvoirs publics, soucieux de nos poumons,
ont montrés qu'ils ne manquent pas d'air. Il faut aller plus loin.
Et l'on applaudit par avance, victoire de la sottise de la santé
publique, le décret qui supprimera la pipe des joueurs de cartes
de Cézanne. Quand à Apolinaire, il serait temps d'interdire
l'œuvre essentielle de ce malfaiteur : elle a pour titre Alcools.
Renaud Matignon, Les Échos, je crois...
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Bourse, Malraux, racisme....
CHRONIQUE
MATHÉMATICIENNE
Libération
par Denis GUEDJ (Professeur
à Paris VIII)
SUPÉRIEUR OU ÉGAL
" On a été jusqu'à parler
de l’absurde égalité des races et si maintenant en plus il
y a l’égalité des civilisations,
je ne sais pas jusqu'où nous ne descendrons pas ",
s’est exclamé le Leader Acariâtre
du Parti d’Extrême Droite (LAPED). Mais jusqu'au
singe, nous descendrons jusqu'à lui. Retour
à l’envoyeur. Une fois de plus Le
Laped a tort, l’égalité des races
n’est pas absurde, elle est insensée. Pour qu’elle
soit absurde, il faudrait qu’elle ait un sens.
Or elle n’en a pas. Pour une seule
raison : il n’y pas de races(s) ! Avec ou sans
"s", pas la queue dune ! Il s’agit d’un
concept vide, utilisé par des esprits
vides à des fins pleines de scélératesses
Après la langue de bois, la langue aboie.
Il y a UNE espèce humaine, une seule, et
pas de race ; c'est aussi simple que ça
et en plus il y a longtemps que ça dure.
Mais s’écrie le naïf, s’il n’y a pas de races,
alors il n’y a pas de racistes ! Cela, par contre,
c'est beaucoup plus compliqué. Il n’y
a pas de race. ET il y a des racistes. Voilà
le problème ardu à résoudre. Vous en
connaissez, vous, beaucoup qui disent
1/ qu’il y a des races,
2/ qu’il y en a des supérieures,
3/ que eux appartiennent aux inférieures
?
La plupart des racistes, qui se prennent pour
des zéros n’osent pas, pour
compenser la mauvaise idée qu’ils ont
d’eux-mêmes, déclarer qu’individuellement
ils sont supérieures aux autres. Cela
ferait trop rire l’entourage. Le surhomme ne
court pas les caniveaux.
Alors, il affirme qu’il y a des races, et qu’il
y en a une supérieure.
Que se passe-t-il alors dans son dedans ? Une
délicieuse musique s’insinue qui
roucoule : si un ensemble A est supérieur
à un ensemble B, tout a de A est
supérieur à tout b de B. Or tu
es un a, comme âne ... CQFD.
" Différent "/ "inégal" les maths font la différence.
Dans tout ensemble, on commence par définir
être égal, =.
Puis son contraire être différent,
*
Ce qui fait la différence entre a et b,
c’est ce que a est et que b n’est pas
ET ce que b est et que a n’est pas. Seulement
cela. En maths, le contraire d’égal, c’est
différent pas inégal. L’inégalité,
elle ressortit d’une structuration particulière : la
structure d’ordre. Il n’y a inégalité
entre deux objets que s’ils appatiennenet à un
ensemble sur lequel on a, au préalable,
défini une relation d’ordre, " être
inférieur " < (ou bien " être
supérieur">). a * b n’est pas une inégalité, a <
b, oui.
La tromperie du raciste consiste à confondre
systématiquement * et < et à vendre
le second qu’il chérit pour le premier
qu’il vomit. Les inégalités ne tiennent qu’à un
signe. Les inégalités sont, en
algèbre, le cauchemar des éléves.
Soit a < b. Si on multiplie les deux termes
par le même nombre x, eh bien, on ne
sait pas a priori ce qui peut se passer. Cela
dépend du signe de x.
Ainsi, pour passer d’une infériorité
à une supériorité, il suffit de multiplier par un
nombre négatif. Vous avez de l’inférieur,
vous voulez du supérieur ? Simple.
Exemple : multipliez les deux membres de l’inégalité
2 < 3 par le nombre négatif - 1.
Cela donne : - 2 > - 3.
L’homme à esprit frigide.
Deux excrétions de Laped : " et si maintenant
en plus il y a l’égalité des
civilisations" avec "en mille cinq cents ans
d’histoire, la France a démontré la
supériorité de sa civilisation
" . Comme il est absurde de parler d’égalité, alors il y
a supériorité ! Parce qu’il ne
peut concevoir autre chose que lui-même, le pitt-bull
des écrans ne parvient pas à imaginer
que la différence n’entraîne pas la
supériorité, ni l’infériorité.
Ce qu’il faudrait que leurs mères leur disent, aux
racistes-fiers-de-l’être, en les berçant
: "Mon tout petit, ce n’est pas parce qu’il est
différent de toi que tu es forcément
inférieur à lui" .
Le crachoir des évidences.
" Je crois en l’inégalité des races,
oui, bien sûr, c’est évident. Toute l’histoire le
démontre ". Ce qu’a montré l’histoire,
c’est que chaque fois que l’on a dit : "il est
évident que ", on a dit une connerie.
Il est évident que la Terre est plate, sans cela,
aux antipodes, les hommes marcheraient la tête
en bas, déclaraient au Xvè siècle
les sûrs d’eux-mêmes. Qui marchait
sur la tête ? C’est en démontrant le contraire
de ce qui paraissait évident aux benêts
arrogants et néfastes, que la pensée et les
civilisations ont progressé. Toutes les
civilisations. Qu’il n’y ait pas de race et qu’il
y ait une seule espèce humaine me contraint
: j’appartiens à la même espèce que
Laped ! Je n’y puis rien. La génétique,
Dieu et le Diable l’ont voulu ainsi. A moins, à
moins qu’il ne soit un mutant ...
Je continuerais si le bon La Fontaine ne me sciait
les pattes : « Quand l’absurde
est outré, on lui fait trop d’honneur
de vouloir par raison, combattre son erreur ».